…EL ÚLTIMO… PEROU – 17/05 au 10/07

Mais alors mais là… pas du tout envie de pondre ces lignes.
A J-2 du retour, après 350 jours de voyage, c’est le dernier post de l’année et on refuse d’y croire… Ne vous y trompez pas, on vous aime familles et amis et vous nous avez manqués, mais rentrer c’est au-dessus de nos forces.

Alors bon… on va bien se forcer mais après près d’un an d’absence, à part des projets de voyages plein la tête, on n’a pas grand chose d’autres à vous vendre.

Pour l’heure, je vais quand même vous conter nos 2 derniers mois au Pérou… parce que ça vaut le coup… le coup d’oeil surtout (5 x 40 photos jointes pour l’occaz) !!

On nous a souvent demandé pendant ces 12 mois s’il y avait un pays / un lieu qui nous a marqué plus qu’un autre. Question insoluble, on a TOUT aimé (et on reprendra une part de tout ça volontiers…), mais après avoir marché dans des endroits variés (Himalaya indienne, Asie, Pacifique et Polynésie, Terres australes d’Amérique…) c’est probablement au Pérou qu’on s’est senti le plus pousser des ailes aux pieds. D’abord parce qu’on a passé plusieurs semaines entre 3500m et 5200m mais aussi parce que pour trouver notre “plus beau spot du monde” (restons humble, on a encore beaucoup à découvrir…), il nous a fallu attendre le tout dernier jour de rando il y quelques jours de ça. Au pied d’un glacier, une lagune “congelada” (bien nommée car entièrement gelée) à un peu plus de 4800m piétinée par sa montagne génitrice : “l’Artesonraju”, qui elle culmine à près de 6000m. Ca c’est pour la fin du récit et des photos… En attendant, on a croisé sur notre route le somptueux Machu Picchu, d’autres vestiges Incas, Chachapoyas, Moches, Chimus, etc… et aussi des vallées, des glaciers, des lagunes, de la forêt vierge, de la neige, du caillou… et bien plus encore…

21 jours de marche autonome (sac, bouffe et maison sur le dos) en tout sur nos 7,5 semaines ici, pour presque autant de nuits sous la tente parfois gelée, pour avoir des poumons tous neufs et des chaussures qui puent… 275 km à pied et près de 15000 mètres d’ascencion verticale au total (au moins autant de redescente) et plusieurs cols à plus de 5000m franchis… on est fiers de vous présenter ici le meilleur de ce qu’on a vu au Pérou.
On en a encore mal aux yeux, et on a mal au coeur à l’idée de s’envoler dans quelques jours loin de tout ça, et surtout loin de notre chère Liberté…

Itinéraire suivi : Arequipa – Cuzco (Notre “camp de base” pendant 3 semaines) – Trek Cachora Choquequirao MachuPicchu (11 jours) – Cuzco – Trek Ausangate (5 jours) – Cuzco – Huaraz – Trek Lagune 69+Santa Cruz+Lagune Paron (7 jours) – Chachapoyas – Huanchaco – Lima

Arequipa : Après la frontière Bolivie-Pérou et avant de se jeter à l’assaut des différentes cordillères du pays, on se fait une pause bien méritée dans la 2ème ville du pays. Plus qu’un changement de pays, on a l’impression de changer de continent. Une ville qui, malgré sa taille, a gardé son charme colonial, des rues propres qui disposent de tout le confort et shopping moderne… Une vraie bonne surprise en arrivant ici, avec en plus un climat tempéré (fini les soirées gelées dans les auberges sans chauffage de l’altiplano Bolivien) et une gastronomie riche à des prix toujours aussi accessibles… On revit! Déjà, dans le bus de nuit qui nous y a conduit, on avait noté la différence notoire de confort avec son voisin. On a vraiment aimé la Bolivie hein, mais là c’est autre chose… 3 jours suffisent à nous requinquer… on part à Cusco avec la ferme idée maintenant que pour atteindre l’attraction majeure du coin (el Machu Picchu), ce sera à pied ou ça ne sera pas …(et en autonomie aussi parce que le rackett organisé des agences qui demandent 600$ pour 4 jours de trek – réservables 6 mois à l’avance sinon rien – ne nous a pas convaincus)

Trek Choquequirao – Machu Picchu : ça commence par 2 rencontres… A Arequipa Rafi Ki et Elise avec qui on a commencé à synchroniser nos agendas. Et un autre couple de Français qui nous cueuille au petit déj à notre hotel (fraichement arrivé de notre bus de 6h du mat’ à Cusco) avec tous les détails du Trek qu’ils viennent de boucler sur 10 jours… Le temps de faire copier/coller et de motiver Raph et Elise et on passe le reste de la journée à préparer ensemble la logistique pour un départ dès le lendemain. (au menu du trek et des suivants : muesli et confiture de lait au petit déj, des sandwichs thon mayo oeuf le midi, et le soir : des noodles, des noodles, des noodles… + des dizaines de snack pour les ascencions rudes…) Objectif : Rallier le Machu Picchu en 9 à 10 jours de marche en passant par d’autres ruines incas moins connues “Choquequirao”. On est surmotivés, mais on sait qu’on va en ch… (Raph et Elise, pas encore habitués des longues randos, et encore moins en altitude, le savent un peu moins ;-)). On part pour le village de Cachora dès le lendemain matin à 4, et on sera bientot rejoints dans l’après midi par Fanny, autre française qui s’est laissée convaincre de se joindre à l’aventure. Et on se jette dès le surlendemain dans la marche. Ce serait trop long de reproduire au clavier les inombrables onomatopées de stupeur et d’émerveillement qu’on a pu prononcer pendant les 10 jours parfaits qui vont suivre. On est en permanence entre jungle et haute montagne, jamais (ou presque) en dessous de 3000m, parfois à plus de 4600m (pour une 1ère … chapeau au passage à nos camarades de jeu qui nous ont suivi partout sans broncher!) et on prend le plus souvent au minimum 1000m de dénivelé positif dans les pattes chaque jour. On terminera finalement à 7, en ayant greffé au passage Mael et Marine croisés en route pour une visite collégiale du sacré Machu Picchu… Un simple coup d’oeil aux photos se passe de + de commentaires.

(on sera juste surpris sur notre route du nombre de groupes – guidés et assistés par agences – souvent bruyants et peu respectueux qu’on a pu croiser sur les différents camps de ce trek exigeant et réputé désert il y a encore 2 ans de cela… notre pari : cet itinéraire sera bientôt fermé aux randonneurs autonomes pour cause de surpopulation… désolé si vous arrivez trop tard… Pour le Machu Picchu, on vient d’ailleurs d’apprendre que sa visite est depuis le 1er juillet 2017 interdit aux touristes sans guides)

Trek Ausangate : Après un week-end de repos gastronomique à Cusco (dont une raclette charcut’ digne de ce nom dans un restau tenu par des bretons !!), la route des 7 se sépare, mais Fanny reste et c’est pour notre plus grand plaisir qu’elle se joint à nous pour 5 jours d’un autre trek, à tourner autour du glacier Ausangate. Cette fois, c’est le grand jeu, pas une nuit en dessous de 4700m (glagla sous la tente givrée au petit matin) pas une journée sans son franchissement de col à près ou plus de 5000m… Bref on est toujours aussi chargés (autonomie oblige) et on ralentit le souffle et le pas. Acclimaté, mais handicapé par ce qui ressemble à une mega turista de haute montagne, je pousse (lol mdr ptddr) pour ne pas abandonner au 2ème jour et ne pas priver les filles (ni moi!) de ce qui va être une des plus belles marches de notre vie. Le bruit des avalanches (comparable à celui d’un décollage d’avion à bout portant) nous réveille dans notre tente accolée aux moraines et lagunes glaciaires… on croit rêver. Et la journée, la météo parfaite se reflète dans les sommets immaculés de plus de 6000m qui nous entourent. Pour l’occaz et la dernière fois de l’année on aura même la chance d’aller mettre le pied dans la neige au passage de col le 3ème jour. Les lamas qui le descendent n’ont pas l’air perturbés non plus d’y plonger le sabot. Ausangate, c’est magique donc et on a la chance au passage d’y être quasi seuls et de se retrouver immergés au coeur de la (très rude) vie rurale de haute montagne et d’y cotoyer tout le long son bétail, entre autres, de camélidés.

Huaraz : Après un nouveau week-end gourmet/grasse mat’ bien mérité, on renoue avec le bus de nuit (30 heures d’affilées, toujours avec la compagnie des téléphones portables de tous nos, très peu discrets et sans gènes, camarades péruviens) pour se transférer plus au nord et plus à l’ouest dans la ville de Huaraz, au pied de la cordillère blanche. L’objectif… bah la marche bien sur. Cette fois, on n’est plus que nous deux, et on a un programme bien alléchant de 7 jours. On reste dans le thème montagne et glaciers, mais on y ajoute une bonne pincée de lagunes toutes plus colorées les unes que les autres. Grâce à Raph et Elise, on sait aussi qu’au pied de la toute dernière que l’on vise, on pourra compter sur un bon lit dans un refuge… On arrive après 5 jours de trek de nouveau époustouflants – entourés de nombeux sommets 6000+ et notamment du point culminant du Pérou (le Huascaran) – à la lagune Paron, la plus grande et la plus bleue de toutes. Le but ultime étant de rallier à la journée, 700m plus haut, une toute petite lagune en permanence gelée, celle du glacier “Artesonraju”. En route, on croise les nombreux monuments aux (récents ou non) morts dans l’ascencion – ou la descente – de ce très impressionnant glacier bien hors de notre portée (rien à voir en termes de technicité par rapport aux sommets défiés au Ladakh 10 mois plus tôt). On en attrape des frissons quand on s’arrête déjeuner au bord de la lagune à laquelle on décerne la palme du “plus beau spot du monde” (ou au moins de l’année), et on joue à se faire peur des chutes de rochers ou de glace qui rendent cet univers merveilleux mais hostile.

Après 7 jours, il nous faut regagner Huaraz, on est heureux de savoir que l’on vient d’en terminer avec les ascencions et le denivelé, le portage etc… mais c’est aussi la fin du grand air… Seuls 3 semaines nous séparent à ce moment de la France et on sait que tout ça va nous manquer. Entre temps, nos corps vont se venger et puisqu’on enchaine de nouveau les bus de nuits pour gagner le nord du pays, il nous faudra plusieurs jours pour récupérer le sommeil et les efforts passés. Au programme, on renoue avec la culture (et la plage un peu aussi…)

D’abord Chachapoyas : Ville éponyme du peuple qui occupait ses vallées bien avant les Incas et les conquistadors espagnols, perchée à 2000m entre végétation luxuriante et climat junglo-montagnard. Mignonne ville coloniale mais on vient ici surtout pour les excursions touristiques à la découverte de vestiges archéologiques (Kuelap, le “machu picchu du nord” : forteresse remarquablement perchée que l’on atteint en télécabines Made in Fraaaaaance – et on est tout fiérots / Karajia : pour ses sarcophages creusés, en pleine nature à même la paroi abrupte et friable, et hébergeant les momies des notables de la civilisation / Revash : pour ses mausolées troglodytes remplis de momies moins nobles)

Et Huanchaco : Encore un bus de nuit (!!!)et on se pose dans cette station balnéaire (précision au passage, le Pérou n’est pas vraiment réputé pour ses vilaines plages, sinon pour ses spots de surf) pour quelques jours de repos et de calme, avant de rejoindre Lima, et pour également découvrir les vestiges d’autres civilisations pré-incas : Les Moche (prononcez “Motché”) et les Chimu (prononcez “Chie mou”… pardon mais c’est trop bon) célèbres pour avoir construit “Chan Chan” la 2ème plus grande ville en terre et argile du Monde. On renonce à apprendre le surf ici (trop de sport tue le sport) mais on va courir un peu, on mange beaucoup et on glande pas mal… Mais surtout, le spleen marin nous envahit… bientot le retour et tout ce qui nous en sépare, c’est un dernier bus de nuit et 4 jours de tourisme à l’ancienne (musées, ballades et shopping cadeaux) dans une capitale peu réputée… histoire de revenir doucement à la réalité.

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On est à Lima, nous sommes le dimanche 8 juillet depuis un peu moins d’une heure, et on décolle maintenant dans moins de 48 heures…
Je “pose la plume” avec une grosse pointe de nostalgie.
Besos, nos vemos prontito!

BOLIVIE – 2eme partie – 25/04 au 17/05

À partir de maintenant, La Paz sera notre nouveau QG, chacune de nos prochaines excursions termine et repart de la presque capitale.

Itinéraire suivi : La Paz -Copacabana (Lac TIticaca) – Sorata – La Paz 2eme – Coroico (Choro trek) – La Paz 3eme – Rurrenabaque (jungle et marais) – La Paz 4eme – Tiwanaku (incas)

La Paz est immense et polluée et on ne m’en a dit que du mal. Mais c’est aussi une cuvette à 3800m d’altitude qui est parcourue depuis 2014 par une nb grandissant de lignes de télécabines ultramodernes (merci Evo Morales, qui a pris soin au passage de faire sticker sa tronche sur chaque œuf…). Vraiment très pratique et ça donne une perspective de la ville inédite qui nous la ferait presque apprécier. On passe ainsi de 3800 à 4200m (le haut de la ville) l’air de rien, tout comme les habitants qui sont ravis du gain de temps quotidien. Le centre historique se parcourt à pied facilement et en devient attachant à force.
Même si notre première nuit, on est accueilli de nouveau par quelques punaises de lit (3eme en 6 mois!!!), on trouve un petit nid pas cher pour en faire notre camp de base répété.

Pour la 1ère à La Paz, je me renseigne sur la fameuse “route de la mort”. Un tronçon de 35km de route d’a peine plus de 3 mètres de large qui remonte 2000m de dénivelé et qui a été décerné en son temps, route la plus dangereuse du monde. Vu la qualité du revêtement, les conditions très humides et les croisements quasi impossible de véhicules sur une route inévitable à l’époque, pas étonnant d’apprendre que plus de 80 véhicules finissaient tous les ans au fond du ravin, dont de nombreux bus… Aujourd’hui déviée par une route moderne, il est possible de la descendre en VTT moyennant un tour avec agence. Yüli, déjà pas motivée à l’origine et affaiblie par la turista, se repose une journée pendant que j’enfourche un VTT à 4700m d’altitude. Les guides sont prudents et si pour éviter de finir dans le vide, on limite les sensations, la descente reste inédite dans un cadre paisible et enchanteur.

1ère étape ensuite : le lac Titicaca, sa ville de copacabana, et la mythique isla del sol, berceau de la civilisation inca! Le lac est un de plus grands mais est surtout le plus haut du monde…à plus de 4000m d’altitude. un paysage presque marin au milieu de l’altiplano !!
À copacabana, apres une excursion écourtée sur l’Isla del sol (la moitié de cette petite île de 10km et bloquée en raison de conflits communautaires), on découvre ce qu’est le vrai folklore local. Avec comme alibi la fête de la vierge locale, la ville se retrouve envahie et ses rues de remplissent de défilés de carnaval. On est chanceux, les costumes, les masques, la musique et les danses locales, on n’en demandait pas tant! Le problème c’est qu’on ne savait pas non plus que ça durerait jours ET nuits pendant 72h… Et que durant tout ce temps, sous l’orage comme sous le soleil, les danseurs boivent sans interruption de la paceña (la bière locale, sponsor omniprésent de l’événement). On en profite un peu, on dort mal et on finit par se lasser, mais on est content d’avoir vu ça!
Pour être tranquilles, on file à sorata, au pied d’une mini cordillère blanche. Le village a eu son heure touristique mais maintenant concurrencé par d’autres, il retrouve peu à peu son calme d’origine. Et ça n’est pas pour nous déplaire. On reprend pied avec la rando d’altitude et on se repose dans une paisible maison d’hôtes avant de regagner La Paz.

Cette fois, on est là pour se jeter à l’assaut d’un trek de 3 jours que l’on fera en autonomie. (Avec la tente et les duvets qu’on trimballe maintenant depuis 3 mois).
Courses, chargement des sacs et c’est parti pour le trek d’El Choro. 3 jours / 55km en passant de 4900 à 1300m d’altitude, en suivant un ancien chemin inca. On passe de l’aridité et le froid de l’altiplano a la chaleur et l’abondance luxuriante de la jungle presque amazonienne. On se sent libre mais on aurait aimé être un peu plus “seuls”. A l’approche du week end, ce ne sont pas les touristes qui nous envahissent mais les étudiants en sortie avec leurs profs (20 le 1er soir et … 65 le 2eme!!!)
On en termine fiers de nous et avant de rentrer a La Paz pour la 3eme fois, on va déguster une fondue savoyarde impromptue dans le village de Coroico.

Cette fois, on revient pour prendre l’avion. Pas prévu à l’origine mais on a décidé de s’économiser un nouveau trajet de 20h pour rallier l’Amazonie bolivienne. La petite compagnie militaire réformée en compagnie publique affrète un tout petit coucou, ou pour la première fois de notre vie, on nous ignore même le rituel des règles de sécurité. On arrive par le vol du mercredi matin à Rurrenabaque ou on démarre de suite 6 jours entre jungle et marais. 3 jours de chaque. Les 3 premiers seront consacrés à marcher et observer à la rencontre de tout ce que la jungle tropicale à à offrir (gros insectes, plantes médicinales…) ; les 3 derniers à naviguer entre dauphins roses et caïmans. Camp rudimentaire dans le 1er cas, chambre double sur pilotis dans le 2eme…. avec une seule constante, les moustiques et autres bébêtes urtiquantes. Éprouvés mais ravis de nos 6 jours, qu’on a eu la chance de partager avec Vincent et Marine, couple Français de La Réunion en voyage pour quelques mois. Pas d’anaconda ni de jaguar aperçus malheureusement, mais on se console en observant deux beaux Paresseux bien arimés à leurs branches, sourire apparent aux lèvres comme toujours.

On rentre à La Paz pour la der, et apres un dernier Ricard dans une gargote française devenu notre qg, on parvient à s’enfuir de la ville un matin (en plein blocage gréviste) par les télécabines et prendre le bus en direction du Pérou. Dernière étape tout de même, le site de Tiwanaku situé à mi-chemin… Précision éventuellement utile : on ne le referait pas, ce vestige archéologique pre-inca est cher et ne vaut le coup que pour un petit musée qui le complète.

Le passage de frontière à desaguadero se fait sans encombre et on arrive au Pérou quelque peu nostalgiques… on vient d’apposer le dernier tampon du voyage sur notre passeport. Restent tout de même 8 semaines dont on a bien l’intention de profiter à fond.

BOLIVIE – 1ère partie – 11 au 24/04

(Au Pérou depuis 1 mois et bientôt de retour en France, voici venue l’intégralité de la bolivie)

Itinéraire suivi : Uyuni (salar) – Potosí – Sucre – Samaipata – Cochabamba – Torotoro

Apres un passage de frontière à 4700m d’altitude, on arrive par étapes en fin de journée à Uyuni. Une des capitales du nouveau “Dakar” mais surtout point d’entrée dans le fameux salar (champ de sel) éponyme! Yüli, venue il y a 2 ans, connaît déjà pour y avoir fait une excursion de 4 jours qu’on ne reproduira pas (même en un an, On ne peut pas tout faire). Pour ma part, j’ai eu l’occasion de croiser un autre salar en Iran mais rien de comparable à la grandeur et la blancheur d’Uyuni. 200km d’étendue infinie ou l’on arrive à se sentir seuls malgré la très forte affluence touristique! Magique pour moi comme pour Yüli qui ne regrette pas la redite.
Pour l’anecdote, on a négocié cette journee avec une des 90 agences du bled (incroyable concentration)… La notre a failli nous jouer des tours puisqu’en arrivant pour le notre (de tour) au petit matin, on doit se faire confirmer que celui-ci aura bien lieu malgré la fermeture administrative opérée sous nos yeux par la police locale (un pb de licence manquante ou tout simplement de corruption….)… ouf

On file aussi vite qu’on est arrivés vers Potosí, capitale mondiale des mines d’argent. La ville aurait été la 3eme plus grande du monde à l’époque coloniale espagnole apres Paris et Londres. Ceci du à l’immense montagne, trouée comme du gruyère de centaines de mines exploitées au fil des siècles (et encore aujourd’hui…), qui jouxte la ville a plus de 4000 mètres d’altitude. Pendant que yüli se cultive en ville au musée, je rends une visite souterraine à l’une de ces concessions (inoccupée par les mineurs ce jour là car nous sommes samedi saint). On est surpris par la richesse apparente de cette ville coloniale, on n’attendait pas tant de la pourtant tres pauvre Bolivie. Expérience inédite, comme le soleil se couche tot (18h) et qu’on a froid à 4000m d’altitude, on se réfugie au ciné pour voir “la belle et la bête”… entre les pleurs des bébés (franchement, qui ne va pas au ciné avec son nouveau né?) et les discussions et repas des boliviens en pleine séance, il y a plus une ambiance de café des sports que d’opéra guindé dans la salle… rigolo!

Deuxième surprise avec Sucre. La vraie capitale du pays (même si La Paz tente depuis longtemps de lui en ravir le statut). Sucre est encore plus grande que Potosi et encore plus richement embellie du colonialisme espagnol. On déambule dans ses musées, ses rues… et ses restos evidemment.

Apres quelques jours dans le pays, on commence à remarquer les omniprésentes effigies stickées, graffées, tractées, peintes, etc, d’Evo morales. Le 1er président indigène en exercice depuis trois mandats, se donne ici des apparences de dictateur. On apprendra plus tard que les “Evo Sí” “Evo No” gravés jusque dans les rochers de nos randos sont le résultat d’un référendum que monsieur a sollicité pour avoir le droit en 2020 de repostuler à un 4eme mandat… pour l’instant le peuple a dit non à 52% mais monsieur le président considère pour l’instant ce score comme un “match nul”… à suivre donc.
Autre précision, Evo, ancien producteur de feuilles de coca (que l’on croise évidemment partout et largement utilisée ici en chique, mais aussi exportée très largement et très officieusement…), est également considéré par une partie de la population comme Evo le Narco(-trafiquant)… Chacun se fera son avis.

On part de Sucre en bus de nuit en direction de Samaipata, un bled à 300km de la à peine… 11h de route.. (la routine vu l’état des routes et des véhicules en bolivie) Cette fois on a bien cru qu’on allait y passer. Apres un peu d’esclandre justifiée car certains passagers (pour cause de surbooking) n’ont même pas de siège, le bus cartonne presque face à face un autre bus à la sortie de la ville… plus de peur que de mal mais vu l’attitude de l’unique (…pour les 11h de route…) chauffeur tête brûlée et la topographie des routes, on commence à craindre pour nos jeunes os! Crainte renforcée quand toutes les 30 minutes, la pause s’impose pour aller tapoter le pneu arrière droit et vérifier on ne sait quoi. Bref on “dort” tres mal, et a 4h30 du mat’ on se fait dropper tant bien que mal à 2,5km de notre destination. Oui, car le bus avait “oublié” de s’arrêter pour nous! On plante la tente pour 4 jours ici à 5h du mat’ content d’être entiers.

Rando, visite d’un refuge pour animaux blessés (ou persécutés) et ballade à cheval, samaipata est un petit coin de paradis au milieu des vallées qui font la jonction entre altiplano et amazonie. On se sent bien ici (tout comme les communautés hippies et mystiques qui y ont élu domicile) et la aussi, l’abondance de richesses et le developpement prématuré du tourisme nous surprend pour un si petit bled. On profite un peu et on reprend notre route … vers Cochabamba, capitale musicale et culinaire du pays.

Cochabamba, ce sera court, le temps de reprendre un interminable bus sur route de terre pour Torotoro.
Ce qui nous attend, on ne l’a encore jamais vu… des empreintes de dinosaures figées dans la boue depuis plusieurs millions d’années et pourtant parfaitement visibles. À cela s’ajoute un paysage inédit de montagnes dessinées par la brusque séparation des plaques tectoniques visibles ici à la quasi verticale. Outre des superbes ballades géologiques guidées, on a le droit à une descente à 150m sous terre dans une grotte où on se la joue spéléologues, et aussi à la descente dans un superbe canyon étroit et luxuriant. 3 jours dans un paisible village qui, lui, à gardé pour l’instant ses airs d’authenticité… peut être bien notre destination préférée en bolivie.

Précision au passage : comme bcp d’endroit, torotoro n’est accessible qu’en “colectivo” ou “trufi”, le nom donnée aux minibus d’une capacité théorique de 12 places et qui partent une fois remplis. C’est encore moins confortable que le bus et on arrive parfois à s’y retrouver jusqu’à 18 ou 20 personnes en fonction de la capacité des locaux à s’entasser avec nous pour seulement quelques km parfois… ils n’ont bien souvent pas le choix vu qu’en quasi absence totale de véhicules personnels, les paysan(ne)s s’en servent, au petit bonheur la chance, de transports en communs dans ces endroits très reculés. folklo mais souvent assez odorant aussi…. à tester

Retour à cochabamba ou on ne s’attarde pas (notre dernier passage a vu nos sacs à dos lacérés au marché – tentative de vol avortée à temps) pour filer à la paz.

CHILI – Suite et Fin : LE NORD – 01 au 11/04

(Déjà plus d’1 mois de retard de nouveau dans les photos et recits… il est grand temps de publier la fin de notre escapade de 2 mois au Chili alors qu’on a déjà boucle entre temps 5 semaine en bolivie (actuellement à cuzco…))

Attention aux yeux…
Nos dix derniers jours au Chili de 0 à 4800m d’altitude, une très grosse dose de “plein la vue, plein la gueule!!”

Itinéraire suivi : vicuña (valle de elqui) / san Pedro de atacama (pukara de quitor, garganta del diablo, valle de la luna, geysers des tatio) / putre (parc naturel lauca, salar de surire)

Apres 1 semaine à boire des cocktails et faire du tourisme urbain à valparaiso, nous revoilà au grand air

-Valle de elqui : a 500km au nord de valpo et de la capitale Santiago nous faisons étape pour 3 jours ici avant d’attaquer le grand nord et le desert d’Atacama. Au programme, on renoue avec le camping et apres encore un peu de tourisme urbain (la charmante ville de vicuña n’est pas si grande) on se décide le lendemain à se faire déposer a 50km en amont de la vallée avec des vélos pour une descente ponctuée de visites de distillerie de pisco (sorte d’armagnac local à base de muscat distillé dont on fait surtout les cocktails dont on se gave depuis des semaines : le pisco sour, à base de jus de citron et de pisco), de cave à vin (tres médiocre muscat et syrah…) et de brasserie locale…. une journee bien remplie… mais même si maintenant on ne plus cacher que nous sommes presque alcooliques, c’est surtout pour les somptueux paysages et les quelques sensations à vélo (si si!) qu’on se paye toute la journée. Quelques villages perdus également et des ciels parfaitement dégagés dont les champs électro-voltaïques tirent le meilleur parti. Au delà de sa vallée encastrée, et de son pisco, Elqui est connu pour ses 300 nuits dégagées par an et ses multiples observatoires… pour nous c’est bientôt pleine lune (trop de lumière donc) alors on renonce à ce petit kiff touristique qu’on avait pu expérimenter 1 an et demi plus tôt en Colombie.
Avant de repartir, comme depuis le cambodge on n’a pas eu l’occasion de prendre un cours de cuisine, on saute sur l’occaz de renfiler la toque quand on voit qu’un Resto nous propose un cours privatif. Super menu mais surtout super moment quand notre profa s’invite avec son homme à déjeuner (ce que l’on vient de cuisiner), avec nous dans son jardin ombragé… on parle politique et vie locale et on sort de table à 16h…

-Atacama : apres 24h de bus avec multiples escales, nous voilà à “san pedro”. Destination touristique par excellence, point d’entrée dans le désert (le plus aride du monde), pour de multiples excursions de 2500 à 4700m. San Pedro de Atacama ce sont des rues de terre farcies d’agences et de touristes gringos comme nous, le changement est radical, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas autant entendu parler anglais. On commence par deux jours de vélo à la découverte des canyons et vallées asséchés aux noms évocateurs (gorge du diable, vallée de la lune, vallée de la mort…). Pas rassurant et pourtant les environs nous laissent rêveurs… la cordillère et ses multiples volcans enneigés (dont le licancabur qui trône à près de 6000m face à san pedro) qui nous entourent sont indescriptibles .
2eme jour, on ira donc faire les 40km en vélo dans l’incroyable et tres sèche vallée de la lune avec ses paysages de sel séché qui nous donnent l’impossible impression d’être entouré de neige.
On a une nouvelle camarade pour cette journee : Une tres gentille chienne (il me faut préciser au passage l’abondance de chiens sauvages, en excellente santé, et souvent de bonnes lignées – pas comme les millions de batards semblables et rageurs qu’on croise partout en Asie – qui jonchent tous les recoins du Chili et qui vous suivent amicalement partout à la moindre attention… le meilleur ami de l’homme vous avez dit ? on confirme). Elle ne nous aura pas lâché d’une semelle durant les 40km de parcours en vélo ou à pied… pauvre d’elle, ses coussinets fumants à la fin de la journee m’ont poussé à lui offrir le répit d’une virée à vélo sur mes genoux pour les derniers km. Apres lui avoir acheté quelques croquettes, elle a trouvé refuge une fois en “ville” dans notre agence de loc qui nous a promis de retrouver son proprio en postant sa photo sur les réseaux de san Pedro… on la laisse le cœur serré.
Dernier jour à san Pedro, on se lève à 4 du mat’ pour faire la route jusqu’à un haut plateau à 4700m ou de multiples geysers fument abondamment au lever du soleil.
Magnifique evidemment, l’occasion en route d’observer la vie sauvage du coin et les lagunes multicolores au pied des volcans… vu d’ici on a hâte de notre séjour dans l’altiplano et les multiples cordillères boliviennes et péruviennes.

On rempile en partant pour 16h de bus direction l’extrême nord du Chili

-Putre : notre dernière étape avant de franchir la frontière bolivienne. 2 jours ici en tours organisés avec un couple de jeunes retraités français. À couper le souffle… d’abord le parc lauca d’où on admire les sommets des mastodontes parinacota (6300m au Chili) et Sajama (6500m plus haut sommet côté bolivien) et toute la vie sauvage (les lamas, alpacas et autres guanaco ou vigognes, les vizcacha – sorte de gros chinchilah – et les rares mais majestueux condors – qui, faut quand même le dire, ont vraiment une sale gueule vue de près…).

On en prend plein la vue et on vit désormais à plus de 3800m de moyenne alors on en redemande et on file au “salar de surire” avec notre chauffeur le lendemain… la c’est paysages de lagune de sel séchée ou inondée à perte de vue, multiples couleurs; et parmi elles le rose des placides flamants andins. C’en est trop!! Il faut partir avant de décider (quelque soit le résultat des élections en France qui nous angoissait) d’élire domicile au Chili

Prochaine et avant dernière étape : la bolivie…

CHILI – LE CENTRE – 12 au 31/03

Nos 3 semaines préférées au Chili

Itinéraire suivi : Lac Llanquilhue (puerto varas / ensenada / cochamo / frutillar) – Valdivia – Lac Villarica (villarica / pucon / parc villarica / réserve el cañi / parc huerquehue) – Santiago du Chili – Valparaiso

Nous atteignons donc en stop la région des lacs depuis Chiloé.

Ces 15 premiers jours seront consacrés à l’auto-stop, le camping et la randonnée qui nous ont rendus amoureux du Chilo

1er LAC
Puerto varas d’abord, une paisible et jolie ville de vacances au bord du lac avec vue sur le cône blanc du volcan osorno qui lui fait face de l’autre côté. Seul fait à relever ici, le réveil a 4h du mat sous la tente par la forte détonation d’un braquage à l’explosif du distributeur automatique… ouf… rien à voir avec le volcan, on se rendort.

Ensenada : une route principale et quelques maisons, ici le point d’intérêt c’est la proximité du volcan osorno… apres 6km de rando dans les coulées de lave et de rivières asséchées, on arrive en stop à la base des remontées mécaniques (dans cette région les volcans, pourtant actifs sont autant de stations de ski). Encore un peu d’ascension et on redescend au bord du lac qui jouxte notre tente pour un bain et apéro avec vue sur volcan!

Cochamo : encore 50km de stop sur des routes de graviers et on arrive dans le village de cochamo… on part de la pour 3 jours de trek avec nos sacs bien chargés pour notre autonomie. D’abord 13km d’ascension dans une forêt particulièrement boueuse pour atteindre le camp de la Junta.
Ici c’est le paradis des grimpeurs, surnommé le “Yosemite” chilien tant les cirques de granite qui entourent ce camp de base sont impressionants! On est subjugués.

Lendemain, apres une nuit très refroidie, on part à l’assaut des 1000 mètres de dénivelé jusqu’à “l’anfiteatro” pour aller voir de plus près un de ces cirques. Sous le charme la aussi…. on redescend pour une deuxième fraîche nuit et refaisons des le lendemain matin les 4h30 de marche jusqu’à cochamo.
Frutillar : bref passage d’une nuit au camping ici. Certainement la plus bourgeoise et mignonne des stations qui bordent le lac, mais maintenant qu’on est hors saison, on profite de la ville et d’un super petit resto qui nous semble réservés juste pour nous. Le chef Français nous gâte, on est repus
On a pu observer autour de ce lac les premières traces des successives colonies allemandes arrivées ici (certaines du 19eme siècle, même si on sait aussi que le Chili aura été une terre d’exil pour ancien nazi…). Architectures caractéristiques, bières allemandes brassées localement et “kuchen” à foison (gâteaux)

2nd LAC
Valdivia : 250km de stop vers le nord, on fait étape dans cette ville étudiante pas loin du pacifique avant de rallier le lac villarica. On a du changer 4 fois de voiture pour y arriver et faire du stop au milieu de l’autoroute… alors on profite d’une bière en terrasse le jour de la saint Patrick

Villarica : courte étape ici aussi, on part rapidement le lendemain vers Pucon, une des destinations les plus touristique du pays. Capitale des sports a sensation, pour nous c’est surtout un point d’accès à deux parcs nationaux et 3 magnifiques volcans.

On monte d’abord comme pour l’osorno, a la base du volcan Villarica pour une belle rando ensoleilee… devant le peu de difficulté apparente pour l’ascension au sommet on est tenté mais 100€ par tête pour un guide quasi inutile nous refroidissent… alors on se contente d’approcher la neige par nos propres moyens

Le lendemain, direction “el cañi”… une rando de +1200m pour atteindre un point de vue panoramique à couper le souffle. 4 volcans parfaitement coniques à admirer à 360 degrés. Le tout agrémenté d’une rando dans une forêt féerique peuplée d’araucaria, une race de sapin bien singulière aux piquants lui donnant un air de cactus géant.

Enfin, on repart en itinérance pour deux jours tente sur le dos. Notre but : traverser le parc huerquehue pour atteindre des termes naturels tenus par une famille qui vit à 80km de tte civilisation.
Apres deux semaines dans les lacs, nos cuisses sont affûtés et nos mirettes régalées, il est temps de repartir à la civilisation.

Santiago du Chili : une bonne nuit de plus dans le bus et on se pose pour deux jours à la capitale. Rien d’exceptionnel ici, si ce n’est la taille du bled : 8 millions d’habitants. Soit un tiers du pays qui vit dans cette seule mégalopole.
Santiago sera surtt pour nous, notre premier point de rencontre avec Judith et Thomas : un couple d’amis allemands qui passent 3 semaines en vacances au Chili et nous ont fait l’honneur d’ajuster leur tir pour nous y croiser à plusieurs reprises.
Aussi l’occasion (vu la tournure des événements en France ça urgeait) de faire ma procuration de vote à l’ambassade

Valparaiso : la surprise !!! A l’origine, 3 jours max prévu pour flaner dans ses collines aux rues pentues, aux nombreux funiculaires, et aux joyeuses couleurs des bâtisses en bois et du très riche street art.
Mais c’était sans compter sur la présence de nos amis allemands et la rencontre impromptue des notre 1er jour ici avec Antoine et sa chérie, croisé il y a près de dix ans dans une vie professionnelle antérieure.
Du coup, outre les superbes ballades le jour, on passe nos soirées à enchaîner apéro et Resto a 4 ou a 6. Un véritable traquenard, on passera finalement 5 jours ici pour de vraies vacances avant de dire aurevoir a tout le monde. On donne rdv à Judith et Thomas dans quelques jours tout au nord du Chili, quant à nos copains de TF1, nos routes devraient se recroiser plus tard en Bolivie.

Une fois n’est pas coutume, notre bus de nuit nous attend pour poursuivre plus au nord pour nos 10 derniers jours au Chili.

(A l’heure où j’écris ces lignes, on s’apprête à passer en Bolivie, aussi selon la qualité des wifi, il est probable que les prochaines publications soient bcp plus tardives… à bientôt donc)

CHILI – PATAGONIE – 21/02 au 12/03

Nos premiers pas sur les terres du Chili seront pour la Patagonie et la Terre de feu.
Si on schématise un peu le Chili c’est trois grandes parties, en partant du Sud :

1- la Patagonie, fraîche (très), ventée, un peu pluvieuse (pas mal même), isolée, véritable méandre de fiords ou les nombreux glaciers viennent se jeter dans l’eau, ou bien animer les paysages désertiques de la pampa.
En bonus, au sortir de cette région, la paisible île de Chiloé, peuplée de pêcheurs et réputée de nombreuses églises classées à l’unesco.

2- le “Centre” plus chaud avec de nombreux lacs bordés de volcans parfaitement coniques ; plus au nord la région des vins puis Santiago (capitale) et la colorée Valparaiso

3- le Grand Nord, désertique avec notamment la valle de l’élqui (région du pisco) et 600km au dessus l’atacama (désert le plus aride du monde), les salar et l’altiplano parsemés de sommets et volcans a plus de 6000m.

Nous sommes donc le 22 février et on attaque la première de ces 3 grandes régions par punta arenas.

Itinéraire suivi : punta arenas – puerto natales – el calafate jusqu’à los antiguos (argentine) – puerto rio tranquilo – cerro castillo – coyhaique – Castro (île de chiloé) – puerto montt

On n’ira pas jusqu’à ushuaia, ce n’est pas si loin, mais réputé très chère juste pour avoir le droit de dire “j’y étais”. On “préfère” claquer notre bourse pour faire ce qu’on ne pourrait faire nulle part ailleurs, sauf en Antarctique, voir le modèle réduit trait pour trait de l’empereur : le pingouin roi!
Émouvante petite bête, surtout si avez vu comme nous le film “la marche de l’empereur” qui décrit leur existence plutôt atroce.
Au passage, on passe dans la désolante terre de feu, ou tous les services (piscine, hôpital, cinéma…) des micro villes sont gratuits afin que les résidents continuent d’occuper la zone. Intéressante journée.
Ah oui, ici les indices UV montent jusqu’à 11 et comme en NZ, on est sous le trou de la couche d’ozone, gare aux rouquins!!

Une chose à savoir de la Patagonie, c’est qu’ici pour le touriste, tout se paye et grassement ! La Conaf (ONF local qui administre les parcs nationaux) fait payer pour le moindre pas, les bus dont l’existence dépend des rares routes sont chers (Surtout côté argentin) et le logement (le camping attendra plus au nord pour des températures nocturnes plus clementes) également.

Nous étions à l’origine descendus au point le plus austral du monde pour son circuit de randonnée W du parc Torres del Paine. Mais au lieu de 4 jours entre glaciers et pics de roche, on ne restera ici qu’une journée… magnifique vue sur les “Torres” et une belle journée de marche bien dégagée, mais frustrés de nous être fait une fois de plus braquer par la Conaf et de n’avoir pu rester plus longtemps à cause d’un système de réservation ubuesque (des mois d’anticipation à prendre pour des campings pourtant gratuits).

Pas grave on se vengera sur des zones plus sauvages de la Patagonie quelques jours plus tard.
Il nous faudra près de 3 semaines pour remonter jusqu’à puerto montt (qui marque le début de la fin des fiords et de la patagonie) et rallier la carretera austral qui remonte tt le reste du pays.
En passant, nous aurons brièvement traversé la frontière argentine le temps d’une nuit de bus pour revenir fissa au Chili quelques 700km plus haut.

Notre itinéraire prévoit alors 300km de route non goudronnée avec plusieurs chouettes étapes dans des bleds locaux, 40h de bateau au travers des fiords et ports de pêches les plus isolés du monde, et 4 jours de repos/gastro(nomique) sur Chiloé.
Le tout sera fait en stop, pour économiser un peu et surtout échanger avec la gente locale. On y croyait un peu et on a eu raison : très facile ici de tendre le pouce même au bord de l’autoroute!!
Je n’ai pas bcp parlé des chiliens jusqu’ici, mais on est fan… hospitalité et joie de vivre… on est bien contents tous les deux de parler la langue native ici!

Apres quelques randos – qui nous feraient presque regretter d’être passés par la case (ou la caisse) “Torres del paine”, tellement les vues et glaciers sont à couper le souffle – et quelques nuits dans une université transformée durant l’été en auberge, on embarque pour 40h de bateau depuis puerto chacabuco jusqu’a quellon sur l’île de chiloé.
Deux soirées, une journée et deux réveils bercés par des paysages oniriques (et un peu de pluie aussi bah oui!), on s’y est pris une semaine a l’avance pour réserver notre croisière et on ne regrette rien.

Une fois sur chiloé, on a voulu camper chez l’habitant…. mais c’était sans compter sur la pluie, le vent et la gentillesse de l’habitant (une modeste famille de 3 chiliens) qui nous propose au bout de quelques heures de tempête, de démonter notre tente et ranger nos duvets (pourtant fraîchement achetés exprès) pour nous prêter leur seule chambre vide! Bien vu, 4 jours ou nuits de pluie vont suivre…
On prend plaisir, malgré la météo, a flâner autour des maisons sur pilotis, à visiter les églises de bois des tous petits villages, et a s’attabler dans les “cocinerias” (Resto cantines) des petits ports de pêche pour abuser de crabe, de fruits de mer et de un chilien.
L’occasion aussi de se reposer sans bouger dans un second hostal avec vue sur mer.

Déjà temps de laisser derrière nous la Patagonie, ses impromptus et intempéries, et même si on a aimé, ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend dans les deux autres tiers du pays et en particulier aux abords des lacs où nous venons d’arriver en atteignant la ville de puerto montt.
Plus aucune pluie annoncée et des températures qui vont enfin nous permettre de camper…

CHILI – ÎLE DE PÂQUES – 14 au 21/02

Nous sommes donc arrivés au Chili voici 2 mois déjà. A partir de la mi février, notre voyage n’aura plus lieu que sur les terres sud-américaines : 5 mois au total pour remonter de l’extrême sud du chili (punta arenas, face à la terre de feu) jusqu’a lima au Pérou en traversant la Bolivie…

Entre 1,5 et 2 mois donc pour chacun de ces trois derniers pays, on va pouvoir prendre notre temps.
Mais avant de fouler les terres du Chili on se pose une semaine sur une de ces îles : isla de pascua (Pâques) peuplée par les Rapa Nui et surtout par les mystérieux Moaïs (ces statues de pierre qui en ont fait sa renommée)

5 heures de vol depuis Papeete et on arrive à Hanga Roa, la capitale de l’ile.
On se pose dans un des deux seuls campings, face aux puissantes vagues du pacifique (jusqu’à 5 mètres ici), surpeuplé de quelques touristes étrangers mais surtout de chiliens en vacances (avec 6 mois de décalage des saisons, hémisphère sud oblige, c’est encore les vacances d’été pour 3 semaines au Chili).

Le plus clair de notre temps sur l’île sera consacré à en faire le tour en scooter, à pied ou en minibus guidé, à la découverte de ses superbes paysages et à la recherche des explications les plus etayées à propos des maïs.
On ne va pas s’étaler ici sur les différentes théories en ce qui concerne la découpe/taille et le déplacement en bord de mer de ces monstres de roche volcanique, mais sachez que de mystère il n’y a plus ou presque…. on vous laisse venir sur place pour vous cultiver. Ce que l’on peut dire c’est que l’époque des moaïs a vu deux peuples s’opposer : les dominants appelés “oreilles longues”, ceci dû a leurs boucles de lobes d’oreilles caractéristiques ; et les dominés “oreilles courtes”. Ces derniers, esclavagés, étaient autorisés à conserver une part de leur récolte, en échange du très dur labeur de taille et transport des moaïs, qui n’étaient autres que des effigies post-mortem des chefs de clans “oreilles longues”.

L’île est parfaitement magnifique et invite au repos et à la rêverie. On est en quelque sorte a mi chemin entre des vues d’Auvergne et de Belle île en mer…L’ile est relativement plates, avec tout de même quelques reliefs dessinés par les très anciens et très verts volcans, et des côtes marines sculptées de falaises et de criques rocailleuses. Température moyenne 30 le jour et 25 la nuit, et au milieu du pacifique le bleu de l’océan n’a jamais été aussi bleu! Tout comme le blanc de la Voie lactée à la nuit tombée.

On est toujours en terre polynésienne ici, alors la culture, les langues ancestrales et les coutumes ont beaucoup à voir avec celles déjà croisées a tahiti mais avec un toqué d’allégresse sud-américaine.

Au delà de la visite de l’île, à 80% décrétée réserve nationale administrée par la conaf (l’ONF local), et agrémentée d’un billet d’entrée de 80$ la semaine ; on a pu aussi assister à un spectacle de musique et danse rock-polynésienne locales et on continue notre périple gastro-alcoolique avec poissons, fruits de mer et cocktails bien sûr (on découvre enfin le fameux “pisco sour” pour les connaisseurs).
On a aussi pu, pour la 1ère fois depuis le Sri Lanka, faire bon usage de notre niveau 1 de plongée, en allant par 23 mètres de fond admirer un moaï sous-marin dans une eau à 27 degrés!
Ah oui, on est retourné à la messe… 2 fois en deux semaines, on est sevrés de bondieuseries jusqu’à la retraite au moins.

Voici donc pour l’île de Pâques, 7 jours qui ont filé bien vite et nous voilà embarqués pour nos deux derniers vols planifiés du périple (à part bien sur ceux de l’ultime retour…) hanga roa-Santiago du Chili / Santiago du Chili-punta arenas (avec une nuit d’escale clochardeuse dans le hall international de Santiago)

POLYNESIE FRANCAISE – 01 au 13/02

Encore un peu de retard dans les récit et photos du voyage puisque depuis plus d’1 mois déjà, nous voguons sur les iles et terres du Chili. Voici donc venu le récit de notre escale à Tahiti et l’archipel de la Société.

itinéraire suivi : Tahiti (2 jours) – Moorea (3 jours) – Bora Bora (2 jours) – Tahaa (3 jours) – Huahine (2 jours) – Tahiti (1 jour)

Enfin les « Vacances » tant attendues… On en rigole, mais voyager à l’année c’est presque un métier, alors la Polynésie, on l’attendait comme le Messie!

On commence donc par un miracle : remonter le temps… Quand on vient de l’ouest, en l’occurence de la Nouvelle-Zélande, on prend -23h de décalage horaire : Nous partimes donc le 2 février de Christchurch pour arriver le 1er février à l’aéroport de Fa’a sur la grande ile de Tahiti !!

On se sait déjà chanceux, 10 jours plus tôt nous n’aurions même pas pu atterrir ici tant les inondations causées par une crue centennale du lagon a été violente à Papeete. La compagnie locale y a même laissé deux avions emportés par les eaux… OUF

Pour notre premier jour, la météo est presque capricieuse, mais on a encore le sourire aux lèvres de notre vol Auckland-Papeete de la veille, et après la NZ, on a enfin chaud !! Accueillis la veille par Air Tahiti Nui avec une fleur au coin de l’oreille, tout le nécessaire pour rendre notre vol des plus confortables, et évidemment quelques bulles…. on est aux anges. Notre escale sur l’ile et la presqu’ile de Tahiti durera 1 jour – 2 nuits… le temps de s’émerveiller une première fois sur les beautés du lagon, d’aller rendre visite au plus que mythique spot de surf de Teahupoo, et de faire un bon tour en voiture de location.

Précision pour les néophytes : le Lagon, c’est la particularité de toutes les iles des archipels environnants. Elles sont toutes individuellement entourées d’une barrière de corail qui laisse ainsi pénétrer par quelques points stratégiques (les « passes ») l’eau de l’océan sur un banc de sable paisible et peu profond jonché de petits récifs…. C’est grâce (ou à cause de) à ça que les puissantes vagues du Pacifique sont tenues à distance et que les baigneurs et nombreux noceurs en voyage ici peuvent patauger en admirant les multiples couleurs de la faune et flore aquatique locale.

2ème matin : on se lève tôt pour déjà s’envoler…on a 13 jours pour visiter 5 iles et le calendrier de nos vols et bateaux inter-iles est millimétré…

Après un vol de… 14 minutes montre en main (!), le temps de rester béat devant la vue panoramique des lagons respectifs, nous passons de Tahiti à Moorea.
Surclassés à notre arrivée (pour cause d’inondations encore), on aura le bonheur d’avoir 3 nuits dans une « Luxury villa » pour à peine 50€ la nuit. Un luxe qu’on ne fantasmait même pas… Bonheur !
En bref : Moorea c’est la plus « randonnable » des iles, on sait déjà qu’on montera un de ces 3 jours sur un de ses sommets pour admirer la vue d’en haut… Ce sera fait le 2ème jour avec une de nos plus belles randos à la journée jusqu’ici (certes fatigante puisque dans la jungle épaisse et mal défrichée).
Le 1er jour, on s’était « contenté » de palmer dans le lagon pour une première session de mirettes ébahies. Y’à qu’à se baisser pour admirer les poissons et coraux, munis de nos masques et tubas… on se gave pendant des heures !! On opte pour un spectacle de danse Polynésienne (hautement recommandé) le soir et un buffet gargantuesque de gastronomie locale. (bcp de poissons crus évidemment!…. MIAM).
Le reste du programme : du stop (à savoir, ça marche très bien sur les iles) pour aller d’une baie à l’autre et découvrir tout ce que le littoral de Moorea a à offrir (dont un super Poisson à la Vanille)

troisième escale : Bora Bora… un nom qui fait rêver. Certes, les prix pratiqués ici nous orientent vers un très modeste studio en ville, plutôt qu’une suite dans un des nombreux palaces sur pilotis… mais on ne va pas bouder notre plaisir, tel les jeunes et riches mariés que l’on croise dans cette destination de rêve. Mais on le dit tout de suite, Bora Bora n’est pas notre préférée (trop guindée peut-être), mais son Lagon mérite très largement son tour de bateau à la journée… à la recherche des requins (Pointe Noire et Citron), des raies (et raies Manta !!) que l’on a eu la chance de voir de très près et même toucher.
Ah oui, Bora Bora, c’est aussi là qu’on aura enfin eu notre collier de fleur de bienvenue… bon on a un peu triché en faisant les yeux doux au comptoir de bienvenue des grands hôtels dans l’aérogare… On triche mais on s’en fout, on a notre collier et on l’arbore fièrement en faisant nos courses au Super U !
L’écran de mon iPhone n’aura pas non plus survécu à une vilaine chute sur Bora Bora… heureusement que 10 jours plus tard, j’ai eu l’occasion d’une réparation expresse à Papeete… pour les amateurs de photos panorama, désolé donc pour ce trou de 10 jours.

Quatrième escale : Tahaa, peut-être notre préférée… Non, pas que parce qu’on y a trouvé un rhum 100% local défiant TOUTE concurrence (de quoi méduser nos nouveaux copains Martiniquais rencontrés un peu plus tôt) ou encore pour la langouste fraiche dégustée au resto de notre hôtel (ben quoi… on a dit c’est vacances alors on se fait plais’)… Non non, il ne s’agit pas que de bonne chaire ! Mais bien pour le lagon, et le Motu (petite ile) qui fait face à notre hôtel, accessible en 25 minutes de Kayak, qui renferme un jardin de corail merveilleux. Après avoir pagayé, débarqué, et remonté à pied le long du courant de la Passe, on se jette à l’eau et on reste minimum 3 heures à se laisser porter ou à nager à contre-courant pour admirer des milliers de poissons et coraux… C’en est trop, il nous faudra y retourner deux demies journées entières pour à peine s’en sevrer. On prend plaisir ici aussi aux rencontres polynésiennes faites au gré de l’auto-stop qui nous mène ça et là, entre fermes de vanille (la meilleure du monde qu’y disent!!) et collines de l’ile.

Dernière étape : Huahine… la plus « sauvage ». Moins de touristes et plus de vie locale ressentie ici. Accueillis sur le terrain de camping (face au Lagon) d’une famille mixte Métro-Polynésienne bien ancrée ici depuis 15 ans, on paresse et on redécouvre les joies du camping les pieds dans le sable. Après avoir tant pêché de luxure, pour notre dernier dimanche, on s’en va à … la Messe !! De toute façon, y’a que ça à faire le dimanche ici (à part évidemment le tour de Kayak autour d’un motu qu’on ne boudera pas non plus)… Mais on y va surtout pour le folklore local… mines ravies, chapeaux fleuris et chants polynésiens accompagnés au Yukulélé… on sourit au moins à l’église ici. On n’est pas convertis pour autant, et puis la parole divine, nous on s’en fout : la messe en Tahitien, on n’y comprend rien.

Déjà temps de retourner à la « capitale » de ce Pays d’Outre Mer… nous revoilà à Papeete à flâner au marché en attendant l’unique vol hebdomadaire qui nous doit conduire vers notre prochaine étape, et non des moindres : L’ile de Pâques.

NOUVELLE-ZELANDE ILE DU SUD – 20/12/16 au 02/02/17

Exit l’ile du Nord bouclée en 3 semaines (condamnés à tracer pour avoir une place sur le ferry) et bienvenue dans l’ile du Sud… la plus grande et la plus « réputée », notamment pour sa côte ouest, ses Alpes, ses lacs et fjords.

Plus de 5 semaines dont 2 seront partagées avec les plus courageux de nos visiteurs : Merci à Vincent et Estelle (fraichement enceinte pourtant…) d’avoir bravé 40h de connexions aller ET retour depuis Toulouse pour venir camper (souvent sous la pluie !!!), festoyer et randonner avec nous

itinéraire suivi : Picton – Abel Tasman (great walk) – Nelson – Motueka (Nöel et panne du van) – West Coast – Col et Glaciers Fox et Franz Josef – Wanaka & Queenstown (lacs et montagnes) – Le Fiordland et son célèbre Milford sound – Christchurch

Pour commencer : on a 3 jours avant Noel et ça tombe bien, on a réservé nos emplacements pour l’une des plus célèbres marches du pays : Abel Tasman Track … 3 jours / + de 60 km en bordure de mer sur les falaises arborées du nord de l’Ile du Sud. On a bravé la pluie et le froid mordant de la nuit (1 journée trempée de la tête au pied et une nuit dans une tente moisie) avant de décider de planter la tente le 2ème soir à l’intérieur du « cooking shelter » mis à dispo des campeurs. Sur 3 jours, on a quand même eu droit à 50% de soleil et des vues splendides. Sans regret et Nöel au soleil de la plage de notre campsite n’en sera que plus mérité.

(Un aparté sur le camping en NZ : on vous l’a dit, tout est réglé et millimétré ici… alors même si on est autonome dans notre van, pas de free camp! et à part dans l’ile du Nord où les pelouses ou parkings autorisés aux campervans sont souvent gratuits, dans l’ile du Sud, il faut le plus souvent payer : de 4 à 9€ chacun la nuit pour les moins chers… et à ce prix là, si certains terrains sont plus raffinés et bien équipés , il faut souvent se contenter d’un simple siège troué (pas besoin de dessin…) et parfois même, aucun point d’eau.)

Mais pour Nöel, on a trouvé le spot parfait… Le van est garé côté mer, les douches sont chaudes et on a même de l’électricité et un BBQ. Ce sera resto black angus et agneau pour le 24 au soir, dans un petit port de plaisance tout mimi + repas de fête apéro-entrée-plat-dessert cuisiné et arrosé par nos soins de 13h à 17h toute la journée ensoleillée du 25 au camping… autant vous dire qu’on a fait honneur à notre réputation de ripailleurs François ! On avait fait nos courses et ça tombe bien, le van est tombé en panne la veille au retour du resto (Joyeux Noel) et nous condamne à rester 3 jours immobilisés entre Auto stop et réparations.

Pour la suite, comme pour l’ile du Nord, quelques mots-clés :

– Pluie (et vents) : on nous avait prévenus, la NZ c’est mouillé. Relativement chanceux dans l’ile du Nord, on a eu droit à un été pourri en janvier dans le Sud. La West coast coincée entre océan et montagne qui longe une bonne partie de l’ile et héberge l’une des seules « autoroutes » est réputée pour être arrosée et ventée… on CONFIRME et plus que ça !! heureusement qu’on a pu planifier certaines étapes jusqu’à 5 jours à l’avance… y compris plus tard dans les régions réputées plus ensoleillées des lacs

– Piscine : étapes impromptues ; en bons nageurs, on a pu visiter 6 ou 7 piscines partout dans le pays… histoire surtout de laisser passer la pluie et au passage de profiter des douches chaudes pour décrasser nos corps de backpackers (et on n’est pas les seuls :-))

– Ponts et chaussées : si les routes (quand elles ne sont pas de graviers) sont bonnes, il faut se contenter de 2 x 1 voie partout, y compris pour les autoroutes principales. Et pour les ponts (et ils sont nombreux) c’est 1 voie pour tout le monde, à la courtoisie des « cédez le passage »… pas grave, pas grand monde de toute façon, et notre van atteint péniblement les 100km/h maximum autorisés

– Sandflies (« mouches de sable »): spécialité locale… ces petits moucherons voraces piquent et envahissent plus vite que les moustiques… on pensait pourtant avoir tout vu après l’Asie ! mais non, alors on gratte encore et encore…

– (bonne et mal-)Bouffe : Pas des grands gastronomes les NZ, l’obésité et la junk food guettent à tous les coins de rues (menu poisson frit + saucisse frite + patates frites au fast food testé par nos soins…). Suffit de se balader dans les rues et les allées des supermarchés pour comprendre d’où vient le pb. N’empêche, on s’est gavés de Black angus gonflé aux hormones, de cheddar et bleus un peu goûtus quand même, et de vins pas toujours bio… et on a aussi trouvé quelques bons restos… faut pas se laisser aller

– Les Oiseaux : une vraie cacophonie dans ce pays. Enormément d’espèces de bipèdes ailés qu’on ne croise qu’ici…

On regrettera longtemps le chant matinal du Tui, une espèce endémique qui a littéralement (voir photo) des couilles au cou (!!) et qui chante comme aucun autre.

On a vu pour de vrai le KIWI, même si c’était dans un élevage où le rythme jour-nuit de ce noctambule est inversé pour satisfaire notre curiosité. (aucune chance sinon de croiser ce gros peureux des forêts avant 4h du mat)

On a été harcelés (mais attendris aussi) par les mouettes particulièrement pic-assiettes et hargneuses (entre elles) dans cette partie du Monde.

On a été visités et presque volés par l’intrépide Weka, et amusé par le très amical Kea (un perroquet de montagne unique au Monde)

– Glaciers et Mont Cook (point culminant) : il nous a fallu plus de 5 semaines avant les apercevoir enfin… et on en a pris plein la vue. Que ce soit après 5h de Rando accrobatique et dénivelée ou après juste 20 minutes de marche guidée sur un ponton, les points de vues sont sensationnels. Il faut dire qu’ici, les glaciers démarrent parfois dès 300m d’altitude. Déprimant également de constater par des panneaux à quelle vitesse ils reculent mais le nombre et la beauté des nombreux glaciers alpins nous ont subjugués.

– Isengard : on s’est plu à se retrouver dans un des plus vastes décors du « Seigneur des anneaux » au prix d’une route très aventureuse avec notre van (la plaine d’Isengard héberge dans le film la tour du sorcier Saruman)

– Lacs : Là aussi, la nature nous a ravis! des randos récompensées par des panoramas à couper le souffle que même le meilleur objectif ne pourra pas retranscrire. Bravo à Estelle qui a parcouru – bébé à bord – les 16km et quelques 1000 mètres d’ascencion en moins de 5h A/R à Wanaka… même pas mal !!

– Milford Sound (détroit ou fjord c’est selon) : on a vu des dauphins depuis le bateau… rien que pour ça, braver la pluie et la route sinueuse pour accéder à ce bijou de la nature valait la peine. Quant à la pluie, c’est pour notre plus grand bonheur qu’elle a abondamment nourri les milliers de cascades qui bordent ce détroit de la mer de Tasman.

– Van : Arrivés à Christchurch pour remettre nos amis Sangrador dans l’avion, la dernière semaine aura essentiellement été consacrée à fourguer (pas d’autre mot!!) notre van, quasi invendable devant la mollesse du marché de l’achat-vente à Christchurch fin janvier. Il nous aura fallu 7 jours pour finalement le brader… on a perdu du temps et de l’argent mais c’était pour la bonne cause, alors… après pannes et galères et tout de même 6000km bravement parcourus (y compris les routes de graviers et les passages à gués) nos derniers mots pour lui auront été « sans rancune » 🙂

Et pour le dernier mot : AWESOME… sur les lèvres de tous les Néo-Z partout, tout le temps. On s’est amusé d’entendre ce mot-clé à tort et à travers… mais qui traduit à lui seul :
la gentillesse et l’enthousiasme naturels des locaux (tous autochtones ou héritiers du royaume de la couronne qu’ils soient) / la beauté et la richesse de la biodiversité de ces iles uniques

NOUVELLE-ZELANDE ÎLE DU NORD – 01/12 au 20/12

En direct de l’aéroport de Santiago du Chili, en transit vers Punta Arenas (tout au sud de cet immense pays)…

Après 2 mois de silence, et une traversée complète de l’océan Pacifique, il est temps de publier quelques nouvelles et photos.

En premier lieu à rattraper : 2 mois de road trip en Nouvelle-Zélande. Voici donc d’abord pour l’ile du Nord (1er-20 décembre)…

itinéraire suivi : Auckland – Coromandel (péninsule, premières plages…) – Tongariro (aka le Mordor) – Rotorua (culture maori etc…) – Napier (ville art-déco) – cape Kidnappers (un des nombreux bouts du Monde en NZ) – Hawke’ s bay (vignobles) – Wellington

En vrac, plutôt qu’un récit chronologique quelques mots sur nos 3 premières semaines dans l’ile du Nord :
– Euphorie : la NZ on l’attendait et on en avait fait le point central de notre voyage au point de caler tout le calendrier dessus pour y être en été. on est surmotivés à l’idée de démarrer notre road trip et d’aller marcher dans tous les recoins des 2 îles.

– Campervan : à peine 3 jours pour trouver notre compagnon de route… vu les prix, on avait décidé de longue date d’acheter plutôt que de louer. Facile ici via Facebook de consulter les annonces de vans 100% équipés pour les road trip (culture Néo-Z de la vie extérieure + tourisme développé grâce aux visas tourisme-travail accordés pour un an)

– Maoris : premier contact avec la culture qui va nous suivre durant les 3 mois de NZ-Polynésie-Ile de Pâques. Les mots et coutumes issus de la culture autochtone sont omniprésents et l’ile du Nord est le principal bassin pour la population Maori native du pays.

– Volcanisme et géothermie : à peine une semaine, et on se lance dans notre première rando « chargée » : tente, réchaud et vêtements chauds sur le dos… on se lance à la découverte du parc national (volcanique) du Tongariro… plus trivialement le « Mordor » et la « montagne du destin » du Seigneur des anneaux pour les connaisseurs. Tout simplement sublime… puis on reste un peu dans les alentours de la région ou la terre boue et les geysers fument et pleuvent (Lac Taupo et Rotorua)

– Surprise voire un peu de déception : culture anglo-saxonne très (trop) aseptisée… aucune chance que l’on emménage ici. Trop beau mais trop « calme » et « propret » pour nous. Les randos sont trop balisées à notre goût, quant aux 9 « great walks » qui jalonnent le pays, impossible de s’y jeter sans réserver parfois des mois à l’avance… même si certains paysages se méritent, on n’est loin du lâcher prise que l’on recherche

– Elevage intensif : après les vaches maigrichonnes de l’Asie, on a affaire ici à des bestiaux colossaux… élevés en densité massive sur des parcelles ridiculement petites compte tenu de l’espace disponible. inutile de dire qu’on croise des moutons partout aussi (certains chiffres évoquent + de 60 millions de bêtes à laine sur tout le territoire…)

– Nature 100% : 4 millions d’habitants dans un pays grand comme la France, ça laisse de la place à la Nature… et à part la colonisation anglaise et les deux guerres mondiales, peu de culture à étudier dans un pays qui a moins de 2 siècles d’histoire… on est là pour rouler, marcher et en prendre plein la vue… et on ne sera pas déçus !!!

– Rugby : les champions du Monde sont largement affichés dans les rues, mais on a quand même du mal à se sentir baignés dans l’Ovalie (faut bien dire que la saison est off pendant les grandes vacances d’été)…. mais le passage devant le stade Eden Park à Auckland donne évidemment des frissons.

– Soleil (et pluie aussi) : pour un mois de décembre (équivalent en théorie à notre mois de juin) on n’a été pas trop mal servi pour les 3 premières semaines… mais ne vous y trompez pas, l’été en NZ semble plus proche d’un printemps un peu frais ou d’un automne un peu chaud chez nous.

– Noël : (on a passé les fêtes dans l’Ile du Sud; à suivre donc…) … mais à part un sapin géant à Auckland et quelques guirlandes électriques ici et là, on a vraiment du mal à se mettre dans l’ambiance. les températures et le paysage n’ont rien de commun avec l’ambiance « jingle bells » de la France. La coutume ici c’est plutôt plages et barbecues… on allait quand même pas rater ça!

– Wine testing : la NZ, pour ceux qui ne le savent pas ou qui ne l’imaginaient pas à ce point (comme nous) est parsemée de vignobles… après 5 mois hors de France et loin du vin, on n’a pas boudé notre plaisir : + de 10 caves visitées dans l’ile du Nord. Beaucoup de blancs (on a aimé voire adoré), moins de rouge (ils étaient moins bons et trop chers de toute façon)

– Plages :… et océans à perte de vue… où qu’on soit, on est à moins de 130km de l’eau… mais on se surprend à s’étonner quand même de tant de paysages balnéaires. D’abord les Coromandel (péninsule face à Auckland)… avec des routes chaotiques mais des paysages magiques, des villes-villages désertes et des aires de campings gratuites au top. Ensuite Napier, LA station touristique du Nord (ce qui veut dire que même après 16h, il y a presque un peu de vie là-bas…). Une ville bien agréable aux bâtiments art-déco, et qui borde la plage sur des kilomètres avant de se jeter sur une côte (que l’on peut suivre en rando au pied des falaises sur la plage pendant des heures, à la rencontre de la colonie de Gannet australiens (les « fous » locaux) qui niche au cap Kidnapper)

– Possum : premières rencontres nocturnes (l’occasion au passage d’observer les magnifiques ciels étoilés de l’hémisphère sud) avec la bête à poil la plus célèbre du pays. Un « nuisible » introduit dans les années 30 via l’Australie, devenu incontrolable, et qui dévore 20000 tonnes de végétations par jour. Il peuple les bois, campings, l’asphalte des routes (RIP aux milliers de possums écrasés :-)), et les magasins de souvenirs (qui raffolent de sa fourrure)… Il est aussi le responsable des nombreux pièges et poisons disséminés partout par le ministère de la « Conservation », qui menacent l’écosystème, vos chiens et vos enfants… Chouette !!

– Ferry : Pour rallier l’ile du Sud, il faut payer (cher) le Ferry qui nous emmène nous et notre van de Wellington à Picton. L’étape par Wellington sera surtout logistique, mais la capitale du pays vaut le coup d’oeil, surtout pour son musée gratuit « Te Papa », admirablement aménagé et documenté sur le patrimoine NZ.